PostHeaderIcon Les Eglises de Ledenon

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Histoire - Eglise

LES EGLISES  DE  LEDENON

I. L’EGLISE ROMANE .

Rien ne permet de définir avec précision les dates de construction de l’église et du château mais ce fut sans doute au  XIème et XIIème siècle. Nous en avons plusieurs descriptions dont celle de l’abbé Blanc curé de Domazan »Cette église romano-byzantine était remarquable par un triforium qui a disparu par suite de constructions récentes » Le triforium au XIème siècle est une galerie surplombant la nef. La seconde description est celle de l’historien nimois  Eugène Trenquier : placée à un angle des murailles du village » elle était dans le principe une toute petite chapelle d’architecture romane. On y remarque des constructions hybrides dont le développement a considérablement augmenté l’enceinte primitive de son vaisseau. Le clocher appartient aux constructions anciennes : bâti en forme de monolithe, trois fenêtres ornent son chevron et montrent encore les rayures qu’y dessina l’airain (des cloches). Sur les murs extérieurs, se voient les restes d’un chapelet d’écussons peints à fresque, dans le style de ceux de Vauvert et de Fournès, on y voit aussi des fragments de l’aqueduc romain, rougie d’une couche de bol oriental. L’autel avait autrefois quelques reliques de ses saints patrons ; emportés par le souffle des révolutions politiques et religieuses, il en reste à peine le souvenir. L’histoire chrétienne nous apprend que les ossements de Saint Cyr et sainte Julitte furent apportées en France par St Amatre, évêque d’Auxerre à son retour de la ville d’Antioche et que ce prélat en fit distribution à plusieurs églises et monastères, entre autre à la ville de Toulouse »

 

L’église comme le château a été fortement endommagée par les guerres de religion selon le chanoine Goiffon dont les écrits font toujours autorité.

En 1659 l’église jugée trop étroite pour la population voit la construction d’une tribune sur la porte d’entrée.

Au cours des années 1731-1732 l’abbesse de St Sauveur de la Fonte de Nimes, prieuresse de l’église de Ledenon apprenant que la voûte du chœur et la tribune de la nef menaçaient de s’effondrer tenta de faire payer la totalité des réparations par les Lédenonais. Les archives communales nous apprennent que l’Intendance de Montpellier la contraignit à payer les réparations du chœur, c'est-à-dire les plus coûteuses.

De nouvelles réparations sont nécessaires en 1857-1859 sous le contrôle de l’abbé A.Chabot curé de la paroisse mais elles ne suffisent pas le gros œuvre est profondément atteint, Monseigneur Plantier affirme que l’église doit être reconstruite.Et c’est ainsi qu’une église romane est vouée à la casse avec la « bénédiction » du préfet.


II L’EGLISE ACTUELLE.

Le 19 février 1884 le maire Louis Boyer fait voter par le Conseil municipal le principe de la construction d’une église nouvelle. Le projet approuvé par le préfet le 13 juin 1885 se chiffre à42.408 francs ( des francs « or) :

Souscription volontaire                                                               7 732 F

Somme fournie par le Conseil de fabrique                                    2 000 F

Fonds communaux                                                                      8 000 F

Emprunt à la Caisse des dépôts et consignations                         20 000F

Secours sollicité de l’Etat                                                            4 676 F

Cette somme est considérable pour un village comme Lédenon  qui est très  dynamique puisque 8 ans plus tôt le même maire avait décidé de rendre gratuite l’enseignement dans les deux écoles publiques en prélevant sur les fonds communaux les traitements des deux enseignants jusqu’ici payés par les parents.

De plus  en cette fin de siècle Lédenon était déjà répertorié dans le grand Larousse en sept volumes qui lui consacre cinq lignes, privilège habituellement réservé aux chefs lieux de canton ; on y apprend que les principales activités locales sont des huileries et un commerce de vins rouges, fins, légers et ordinaires ; la distribution des produits du terroir est facilitée par l’existence d’une station P.L.M ( chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée ).

La démolition de l’église romane est réalisée fin 1885 : la revente des pierres est défalquée du prix prévu pour le nouvel édifice et servira à la construction des chantiers de la Belle Epoque. Monseigneur Plantier prend pour architecte Mrs Revoil et Morel-Revoil auxquels il a déjà confié la construction d’autres églises. Mais le choix de l’entreprise est catastrophique et rapidement de nombreuses malfaçons sont relevées : architectes et entreprise sont remerciés.

La commune se donne un nouveau maire A.Trinquier et tout est à recommencer mais la mobilisation de la population locale, des concours financiers était lancée  si bien que le nouvel architecte E.Poinsot de Nimes choisit H.Longuet le maçon du village qui connaît bien les problèmes du sous-sol  et approfondit les fondations de plus d’un mètre : l’église sera plus large avec 3 nefs et pour ce faire on achète la maison voisine ; mais le 4 mars 1891 un ouragan renverse l’échafaudage du clocher et c’est le 28 septembre 1892  qu’on procède à la réception des travaux qui en fait auront coûté 55 050 F :dans cette somme sont comptabilisés tous les travaux accomplis gratuitement par les gens du village soit 4 883 F.

Depuis se sont succédés comme curés :

Deylaud Théophile                 1875-1906

Laurent Mathieu                    1906-1928

Labarre Jean                         1928-1930

Dumazert Léon                       1931-1937

Bastide Paul                           1937-1958

Volpilliere Henri (ST Bonnet)   1958-1963

Veyrune Antoine                    1963-1965

Clavel Roger                           1965-1969

Laget Elie                               1969-1979

Vezin Joseph                          1979-1984

Grel Edmond (Remoulins)      1985-1986

Boissiere Paul (Bezouce         1987-1988

Dufay Joseph (Bezouce)         1988-1990

Rodriguez Jean Claude 1991-1995

Pierri Jean Pierre Marguerit. 1995-2007

Reif Benoit(Marguerit.)           2007-

 

Documents établis par Claude Pertusier à la lumière de l’étude très fournie de monsieur Y.M.Choupaut